de kristian le Mer 21 Nov 2007 19:40
Je me suis toujours poilé en voyant et en entendant des milliers de spectateurs en France clamer à l’unisson et anglais qu’ils étaient « nés au USA »(Born In The USA).Comment pouvaient-ils ?Comment osaient-ils ?Il était alors évident pour moi qu’ils chantaient mécaniquement et en plein contresens des paroles dont ils ne comprenaient ni la signification ni la portée,pas plus que je ne le faisais moi-même à l’époque,pour être honnête,célébrant un nouveau dieu du rock porté par une image (mais quelle image ?) de son pays d’origine (et celui du rock),les Etats-Unis d’Amérique.Aujourd’hui,sans leur accorder davantage de crédit quant à la pertinence de leur intention,je leur reconnais néanmoins une certaine légitimité à clamer haut et fort cette affirmation.Car Born In The USA n’est pas l’expression exclusive d’un nationalisme mais avant tout celle,fédératrice,d’une appartenance à une nation,qu’elle que soit celle-ci.C’est l’expression de la responsabilité et de la dette collective qu’a une nation envers chacun de ses membres.De façon réciproque,chaque concitoyen à l’intérieur de la nation a la responsabilité personnelle de comprendre cela et de l’appliquer pour la servir de son mieux.Faire preuve de solidarité et de compassion envers ces concitoyens est faire acte d’appartenance à sa nation.C’est une relation subjective : chacun sert individuellement une nation servant collectivement ses individus.Comme l’a dit Springsteen, »personne ne gagne si tout le monde ne gagne pas en même temps ».En cela,le message délivré par Born In The USA aux Etats-Unis comme dans tous ceux où le chanteur passa durant les dix huit mois de la tournée 1984-1985.Chacun dans la foule était donc cet Américain sur scène qui hurlait à s’en exploser les poumons et les cordes vocales pour que son pays accorde à tous ces citoyens la place qui leur revient de droit.
Quand ils se mettent en grève,les Japonais chantent… la Marseillaise.A l’instar de John Fitzgerald Kennedy proclamant en allemand « Ich bine in Berliner » vingt deux ans auparavant (le 26 juin 1963),il n’est finalement pas si incongru que des êtres en quête d’une place dans leur communauté chantent en anglais qu’ils sont nés aux USA,non pas au pied de la lettre,mais comme le symbole d’un rêve universel partagé et d’une démarche solidaire et commune.
Comme beaucoup,j’ai trouvé dans l’œuvre de Bruce Springsteen le prisme qui m’a permis d’appréhender une certaine vision du monde et,par voie de conséquence,un peu de ma propre existence.Pas toujours de comprendre pleinement ce monde,de l’approuver ou de l’aimer,mais de trouver ma place,et de trouver la force et la foi pour la tenir.La musique et les textes de Bruce Springsteen me sont encore aujourd’hui,un quart de siècle après les avoir rencontrés,une source inépuisable d’inspiration,de réflexion et d’enseignement,répondant ainsi au vœu de l’artiste : »Je ne cherche pas à dire quelque chose.Je cherche à créer de la compréhension et de la compassion et à présenter quelque chose qui soit à l’image du monde.Je cherche à m’assurer quelque chose est révélé à la fin de la chanson,qu’on acquiert de la reconnaissance.C’est ainsi,je résume,que je fait mon boulot. »Dans No Surrender,sur l’album Born In The USA,Bruce Springsteen chante qu’il en a « plus appris en trois minutes qu’il en a appris à l’école ».Sans faire miens cet aphorisme,je mesure toute fois l’enseignement acquis,le chemin parcouru et les actes accomplis grâce aux quelques minutes de Born In The USA ;comprenant l’importance,dans la capacité à mettre en œuvre mon propre destin,dans la communauté dans laquelle je suis né et ai grandi,à travers ces différents cercles concentriques,familiale,amical,professionnel,régional,national et international ;prenant conscience des formidables chances et privilèges qu’elle m’a accordés et de mon devoir de les transmettre à mon tour ;partageant de mon mieux ses valeurs humanistes de respect,de tolérance,de compassion et d’ouverture ;me mettant finalement,plus de vingt ans après l’achat de Born In The USA et les concerts,sans nécessairement prendre fait et cause pour la nation américaine,de me rallier à la déclaration d’intention de Bruce Springsteen et aux milliers de fans pour clamer moi aussi que je suis…BORN IN THE USA.
D’où l’art de Kristian…….faire compliqué quand on peut se faire comprendre simplement.De vous dire qu’à son (grand) niveau,Riké et d’autres ouvrent les yeux avec une chanson ou un album.Suffit d’écouter les paroles de Ma Vie Au Soleil (…on rêve de c’qu’on a pas,sans voir ce que l’on a…) ou l’Addition (… »Héros de la résistance ou collabo sous Vichy »…et moi j’aurai fait quoi ?).Je suis persuadé que l’idée d’être un Songwritter n’est jamais venu à l’idée de Mike ou encore moins de Riké.Et pourtant les messages sont là et bien là.Comprenne qui pourra et surtout qui voudra,les textes.Mais la réflexion j’ai réussi à l’entreprendre.Le message est également passé.Et j’y ai aussi trouvé,comme beaucoup d’entre vous,de la joie et
de la CHANSON.Rien que ça !!!
ViVonS !!!
Et voilà,j’ai encore été trop long